Sylvie Aubenas

  • Ce nouvel opus de « L'oeil curieux » rassemble une quarantaine d'images de personnalités : Colette, Zola, Sacha Guitry, Brassens, Picasso, Léo Ferré... posant avec leur animal de compagnie. Choisies dans les collections de la BnF, ces photographies prises entre 1850 et 1960 révèlent une forme inattendue, drôle, touchante, du portrait animalier.

    Réalisé par des professionnels ou des amateurs, en studio ou en extérieur, le portrait photographique répond, tout comme le portrait peint depuis la Renaissance, à des codes bien établis. La mise en scène ou l'absence de mise en scène concourent à mettre en valeur un univers ou une personne ; le décor, l'habillement, l'attitude sont évidemment cruciaux, mais aussi les accessoires qui évoquent le statut social, la profession ou les loisirs. À ce titre, l'animal est présent dans la longue tradition du portrait peint, mais son image est moins fréquente qu'on ne le pense dans celle du portrait photographique.

    Pour notre plus grande délectation, cet ouvrage permet de découvrir divers portraits d'animaux de compagnie qui, tous, révèlent la personnalité du modèle photographié au point de lui ressembler parfois physiquement ! Dociles ou rétifs, simples accessoires, vrais faire-valoir ou formidables vecteurs de complicité, d'humour et de tendresse, chiens, chats et singes forment ici un tel couple avec l'humain qu'on en vient à se demander au gré des images qui, de l'animal ou du modèle a pu se lasser le premier des cabotinages de l'autre !

  • Cet opus de « L'oeil curieux » met en scène une quarantaine de clichés réalisés par Félix Nadar dans les catacombes en 1862.
    L'ouvrage constitue un reportage à travers des carrières aménagées pour recueillir les ossements des vieux cimetières vidés par hygiène : les catacombes.
    Félix Nadar fixe pour nous ce gigantesque ossuaire aussi techniquement précis que pittoresque dont la visite, autorisée à l'époque quatre fois par an, était devenue à Paris la promenade à la mode.
    Cette série de photographies, avec celle, presque contemporaine, sur les égouts de Paris, a été présentée dans les ateliers et dans les stands Nadar aux expositions universelles jusqu'en 1900.

  • Le Second Empire voit la naissance d'un personnage qui trouve son plein accomplissement dans les premières années du XXe siècle : le grand couturier comme figure de la vie élégante et mondaine. Worth tout d'abord ; Doucet, Lanvin et Poiret ensuite ; plus tard Chanel, Patou ou Schiaparelli : tous donnent à leur maison ce " style " que l'on vient s'arracher, et écrivent une des plus sublimes pages de la mode.
    À l'ombre de ces figures de proue de l'élégance et dans le sillage d'une richissime clientèle d'élégantes (têtes couronnées, belles étrangères, actrices, mannequins ou anonymes), une famille de photographes, les Séeberger, immortalise la mode à travers quelque 60 000 négatifs et tirages aujourd'hui conservés au département des Estampes et de la Photographie de la BnF.

  • Au-delà de la figure emblématique de Félix Nadar, l'exposition à la Bibliothèque nationale de France embrasse pour la première fois toute l'histoire de l'atelier des Nadar du début des années 1850 jusqu'à la fin des années 1930 en s'appuyant sur les très riches collections de la BnF, des prêts du Metropolitan Museum of Art de New York, du John Paul Getty Museum de Los Angeles et du musée d'Orsay.
    Le catalogue édité à cette occasion propose des études spécifiques sur chacun des trois photographes - Félix Nadar (1820-1910), son frère Adrien Tournachon (1825-1903,) et son fils Paul Nadar (1856-1939) - et sur leurs collaborations, et met en lumière l'héritage de l'un des ateliers les plus importants et les plus durables des débuts de la photographie.

    Portraits et autoportraits.
    L'ouvrage présente une sélection d'autoportraits des trois photographes et de portraits de leur cercle privé réalisés au cours du temps, révélant leur implication personnelle dans l'atelier, leurs relations complexes.
    Les portraits de Baudelaire, Alexandre Dumas, Sarah Bernhardt ou George Sand comptent également parmi les chefs-d'oeuvre qui figurent dans l'ouvrage aux côtés d'autres personnages connus et influents de leur époque. Ces clichés permettent de mettre en évidence les approches différentes des trois Nadar ainsi que l'évolution des techniques photographiques et du goût au cours d'un siècle.

    Promotion de la photographie et amélioration des techniques.
    Les Nadar se sont considérablement impliqués dans la promotion de la photographie à travers leur intérêt pour différents domaines d'actualité (édition, sciences, conquête de l'air) et leur contribution à l'amélioration des techniques (de l'éclairage électrique à la photographie instantanée en passant par la photographie aérienne). Leurs multiples innovations sont présentées dans cette somme sans précédent traduisant l'étendue de l'inspiration et des travaux d'une dynastie de photographes légendaires.

  • Cet ouvrage explore l'influence déterminante de la région normande sur la création photographique et picturale de la fin du XIXe siècle ainsi que le riche dialogue entretenu à l'époque entre ces deux disciplines artistiques, l'avant-garde impressionniste étant parfaitement au fait de l'oeuvre des nombreux photographes qui travaillaient sur les lieux dont elle n'a pas manqué de s'inspirer.

  • à la fin des années 1840, alors que la photographie en est à ses tout débuts, gustave le gray entend "unir la science à l'art" et met au point, entre autres procédés, le négatif sur verre au collodion.
    De nombreux élèves se pressent dans son atelier, les commandes affluent. à côté de commandes officielles pour les monuments français (la mission héliographique, 1851) puis pour l'empereur napoléon iii (le camp de châlons-sur-marne, 1857), le gray élabore une oeuvre personnelle, en forêt de fontainebleau, en bord de mer, de cherbourg à sète, au coeur de paris : autant de séries dont l'exigence artistique - qui aujourd'hui s'impose à tous - marginalise ce photographe trop peu "commercial" pour son temps.
    Fuyant ses créanciers, le gray quitte paris en mai 1860 pour une croisière en orient à bord de l'emma, la goélette d'alexandre dumas. après une escale improvisée à palerme oú, en pleine insurrection garibaldienne, il immortalise héros, ruines et barricades, il gagne la syrie puis l'égypte. celui en qui dumas voyait "le premier photographe de paris" ne devait jamais regagner la capitale, inventant d'alexandrie au caire une vision quasi instantanée d'une extraordinaire liberté.

  • Le Second Empire (1852-1870) coïncide avec l'essor spectaculaire de la photographie.
    Le portrait d'atelier devient alors une véritable industrie et bien d'autres perspectives s'ouvrent: la chambre noire accompagne toujours plus souvent voyageurs et savants, elle diffuse les oeuvres d'art anciennes et modernes, elle célèbre les campagnes militaires comme les grands travaux d'architecture. Napoléon III voulait faire de son règne celui du progrès scientifique et social, de l'industrie et des arts, de la grandeur retrouvée de la France.
    La photographie, comme instrument et comme symbole, s'offre à servir cette ambition. C'est le moyen moderne qui fixera l'image d'un règne moderne. La volonté de l'empereur répond à l'initiative des photographes : certains albums ont été commandés par lui-même ou par ses ministres, d'autres ont pu paraître grâce à un soutien financier sollicité, d'autres enfin ont été offerts pour attirer la faveur. Les destructions de la Commune, qui ont frappé en 1871 le palais des Tuileries et le château de Saint-Cloud, nous privent d'une vision complète de la masse des photographies accumulées par les souverains et leur entourage.
    Cependant, de nombreux exemplaires conservés, provenant en particulier de Compiègne et de Fontainebleau, ainsi que le témoignage des archives nous permettent d'en former une image assez précise. La Bibliothèque nationale de France, héritière des collections impériales, présente pour la première fois une exposition de ces albums, que signalent les dédicaces solennelles et les somptueuses reliures, mais aussi le soin apporté au choix et au tirage des épreuves.
    Alors que l'art officiel du Second Empire oscille lourdement entre la pompe et le pastiche, rien de tel dans ces oeuvres d'une fascinante intemporalité, d'une modernité désormais classique. Les photographes favorisés par le régime comptent en effet parmi les plus grands. On retrouvera ici Gustave Le Gray, Charles Nègre, les frères Bisson, Édouard Baldus, Adolphe Braun, Charles Aubry, Désiré Charnay, Léon Méhédin, Hippolyte Collard, Louis de Clercq et d'autres.
    Leurs parcours individuels et artistiques ont été en grande partie redécouverts depuis vingt ans. Mais il fallait encore confronter leurs oeuvres avec les enjeux politiques qui en ont favorisé la naissance pour révéler une part trop oubliée de leur signification. Une certitude partagée unit dès cette date les photographes et le pouvoir : la foi dans la valeur de témoignage et la puissance de conviction propres à l'image photographique.

  • Au début des années 1970, à la demande de ses amis et collectionneurs John et Dominique Menil, Henri Cartier-Bresson passe en revue les milliers de tirages de ses archives à la recherche des oeuvres les plus importantes et les plus significatives de sa carrière. 385 photographies ainsi choisies sont imprimées dans son laboratoire de confiance, à Paris, entre 1972 et 1973.Pour mettre en valeur ce « Master Set »,la photographe Annie Leibovitz, le réalisateur Wim Wenders, l'écrivain Javier Cercas, la directrice du Département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, Sylvie Aubenas, et le collectionneur François Pinault ont choisi chacun une cinquantaine d'images issues de cet ensemble unique, qui jusqu'à présent n'avait jamais été publié dans son intégralité. À travers cette sélection, chacun partage sa vision personnelle de l'oeuvre de l'un des plus grands photographes du XXe siècle.
    Le Grand Jeu est divisé en deux parties : la première présente la sélection de chaque commissaire, accompagnée d'un texte rédigé pour l'occasion ; la seconde, l'ensemble du Master Set tel qu'il a été conçu par Cartier-Bresson.

  • Nadar, Cartier-Bresson, Brassaï, Helmut Newton, Man Ray, Willy Ronnis, Robert Doisneau, Diane Arbus, Mario Giacomelli, Robert Franck, William Klein, Daido Moriyama, Valérie Belin... Les grands noms de la photographie française et internationale sont réunis dans ce somptueux ouvrage qui embrasse 150 ans d'histoire de la photographie noir et blanc.

  • Catalogue officiel de l'exposition Girault de Prangey au musée d'Orsay du 3 novembre 2020 au 7 février 2021.

    Depuis une vingtaine d'années, le Langrois Joseph-Philibert Girault de Prangey (1804-1892) s'est imposé parmi les figures majeures des débuts de la photographie française, à la faveur de quelques expositions et publications. Peintre et dessinateur, archéologue et historien de l'architecture, savant amateur de plantes et d'oiseaux rares, il est en effet un pionnier du daguerréotype, technique qu'il maîtrise parfaitement dès 1841, et au moyen de laquelle il aura livré une oeuvre d'une qualité et d'une ampleur presque incomparables.

    Comptant non moins de 1000 plaques à ce jour, le corpus a majoritairement été réalisé entre 1842 et 1844, lors d'un tour du bassin méditerranéen de l'Italie à l'Egypte en passant par la Grèce, la Turquie, la Syrie, le Liban, Jérusalem et la Palestine. Prenant le relais des méthodes manuelles de relevés qu'il avait employées lors de précédents voyages, la photographie de Girault de Prangey s'inscrit alors avant tout dans un cadre d'études archéologiques. Elle nourrit une documentation iconographique conçue comme la base des nombreuses illustrations qui paraissent bientôt dans de luxueuses publications, centrées sur l'architecture islamique et ses relations avec l'architecture antique et médiévale. Beaucoup de vues ainsi produites comptent parmi les premières photographies connues de sites aujourd'hui détruits, détériorés ou menacés.

  • Explorer la notion de chef-d'oeuvre appliquée à un médium aussi foisonnant et divers que la photographie, tel est le propos de cette exposition qui dévoile 100 photographies issues des collections de la BnF, choisies pour leur beauté, la perfection de leur tirage et leur provenance. Tous les genres sont représentés, portraits, paysages, nus, reportages, publicités ou photographies scientifiques...
    Les grands noms de la photographie des XIXe et XXe siècles parmi lesquels Eugène Atget, Félix Nadar, Diane Arbus, Henri Cartier-Bresson, Man Ray, Brassaï, André Kertesz ou Gilles Caron côtoient des anonymes et des photographies faites par des écrivains comme Zola ou Victor Segalen.
    Cet ouvrage regroupe toutes les photographies exposées, assorties de commentaires réalisés par des personnages aussi variés que les photographes, parmi lesquels des artistes, des acteurs du monde de la culture ou des écrivains, dont par exemple Anish Kapoor, Annette Messager, Roberto Alagna, David Lynch, Anne Pingeot ou encore Lorànt Deutsch.

  • L'origine du monde de Gustave Courbet figure parmi les tableaux emblématiques de l'histoire de l'art. Malgré cela, le modèle en était demeuré inconnu. Jusqu'à ce que Claude Schopp découvre son nom, par hasard, en annotant la correspondance inédite entre George Sand et Alexandre Dumas fils. Une révélation que d'autres sources sont venues étayer. Ce livre invite le lecteur à accompagner le chercheur dans sa tentative de redonner vie à cette danseuse aux beaux sourcils noirs, bientôt demi-mondaine et maîtresse de Khalil-Bey, puis femme de bien, généreuse donatrice aux oeuvres de charité. Peu à peu, un visage et une âme sont restitués à celle dont le sexe incarne la peinture réaliste.

    Claude Schopp est, avec son épouse Marianne, l'auteur de Dumas fils ou l'anti-OEdipe, prix Goncourt de la biographie 2017.

    Postface de Sylvie Aubenas, directrice du département des estampes et de la photographie de la bibliothèque nationale de france

  • L'histoire de l'art nous a livré beaucoup de ses secrets. mais pas tous.
    Dans la Genèse, Adam et Ève n'ont pas honte de leur nudité, mais, à peine ont-ils goûté au fruit défendu que « leurs yeux à tous deux s'ouvrirent, ils connurent qu'ils étaient nus ; et, ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des pagnes ».
    Pour répondre à la censure imposée par l'Église, les artistes ont rivalisé d'imagination pour cacher l'indécence proclamée : le sexe. Si la feuille de vigne est habituelle, d'autres motifs se révèlent à l'oeil attentif, à la fois surprenants, drôles et raffinés : un papillon, le froissé d'un drap, le sang du Christ, une chevelure ondoyante, un coquillage, une oie caressante... De Botticelli à Dali, de Dürer à Magritte, Cache-sexe dévoile, à travers vingt siècles d'histoire de l'art, toutes les possibilités mises en oeuvre.

  • Martin Karplus (né à Vienne en 1930, vivant aux États-Unis depuis 1938), scientifique mondialement reconnu pour ses travaux (entre autres, il est un pionnier de la théorie chimique de résonance magnétique nucléaire) a aussi pratiqué la photographie en couleurs entre 1954 et 1965 : une bourse de la National Science Foundation lui a permis de visiter toute l'Europe, muni d'un Leica IIIC. Pendant cette pause dans une vie consacrée à la science, il n'a cessé de produire des photographies avec les premières diapositives Kodachrome. Il a poursuivi ce travail durant quelques années aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Asie. La centaine d'images sélectionnées parmi les milliers réalisées en quelques années, témoignent du regard curieux et profondément humaniste d'un très grand chercheur.

  • De la fascination qu'a exercé l'orient sur les occidentaux tout au long du xixe siècle, on cite volontiers les témoignages dans la peinture, la littérature, la musique, le théâtre. mais cet orient de rêve a été aussi visité par les photographes amateurs ou professionnels, qui entre 1850 et 1880 ont produit des milliers de clichés à l'attention des voyageurs, qu'ils soient touristes, archéologues, historiens de l'art ou artistes. les premiers photographes, que ce soit le littérateur maxime du camp accompagné de flaubert ou le jeune archéologue john b. greene se sont servi du négatif sur papier (calo type) pour rapporter des images scientifiques des monuments de l'égypte ancienne dont la beauté et la maîtrise font oublier le but premier. a cette première génération succède rapidement à partir des années 1860, un grand nombre de photographes professionnels, la plupart du temps installés sur place, comme félix bonfils à beyrouth par exemple. parmi cette production commerciale, on trouve des oeuvres de grande qualité fort loin de limagerie colonialiste à laquelle on assimile trop souvent la production photographique faite au moyen-orient. la période 1850-1880, qui correspond à une plus grande ouverture de l'orient à loccident, avant le tourisme banalisé de la fin du siècle, est celle d'un âge d'or de la production photographique où labondance, la diversité et la qualité des images est sans égale. très marquées par les canons esthétiques hérités de la peinture ou par les exigences scientifiques de l'archéologie alors en plein essor, il se dégage cependant de ces oeuvres une beauté proprement photographique qui ne doit rien à la couleur mais joue sur lombre et la lumière, la construction rigoureuse de l'image, les rapports complexes entre réalité et fiction. ce livre présente à travers les oeuvres d'une vingtaine de photographes, sans compter les anonymes, un panorama de la production photographique en égypte, syrie, liban, palestine et turquie choisie dans les collections de la bibliothèque nationale de france et commentée par sylvie aubenas. précédé d'un texte de jacques lacarrière sur le regard du voyageur occidental sur l'orient et lincidence de la photographie sur la notion d'exotisme en occident, à la fin du xixe siècle.

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