• Dans le présent ouvrage, Michel Boujut invite Claude Sautet à se tourner sur son passé : d'assistant d'abord, de scénariste, puis de réalisateur tout particulièrement reconnu aussi pour sa direction d'acteurs tels que Romy Schneider (avec qui il a tourné cinq films), Michel Piccoli (quatre films) ou Yves Montand (trois films, dont Garçon ! au scénario taillé dès l'origine à sa mesure). Claude Sautet, né en 1924, tourne son premier film personnel Classe tous risques en 1960.
    Puis en 1965, L'Arme à gauche. Simultanément, il se fait une image de scénariste efficace, collaborant à plusieurs dizaines de films, souvent sans que son nom apparaisse au générique : il est celui qu'on va chercher quand une situation se bloque. Ce n'est qu'avec Les Choses de la vie (1969) qu'il devient réellement célèbre et se forge, dans les années soixantes-dix, une réputation de cinéaste de la bourgeoisie.
    De fait, les films qui ont suivi ont toujours à voir avec la société française du temps, et souvent mettent en scène le groupe : Max et les ferrailleurs en 1971, César et Rosalie en 1972, Vincent, François, Paul et les autres en 1973, Mado en 1976, Une histoire simple en 1978, Un mauvais fils en 1980, Garçon ! en 1983, Quelques jours avec moi en 1987 et Un coeur en hiver en 1991.

  • Tout part d'une photo, découpée en 1959 dans Sud-Ouest et retrouvée quarante-cinq ans plus tard entre les pages d'un polar de Goodis. Une jeune femme y apparaît aux côtés du bluesman Big Bill Broonzy. La légende est bien dans l'esprit du temps : " Coïncidence ? Marie-Thérèse Désormeaux bifurqua dans la vie à partir du moment où sa passion pour le jazz prit une forme excessive. " Dérapage qui la mènera en une de détective avec une autre légende : " J'étais une chatte sur un toit brûlant. " Fasciné par ces photos, Michel Boujut enquête à Toulouse sur le fait divers sanglant auquel a été mêlée Marie-Thérèse, croisant en chemin quelques figures de contemporains qu'il ne s'attendait pas à trouver là. Entre fiction et réalité, ce " roman-vérité " en noir et blanc raconte le destin contrarié d'une héroïne sous influence, à l'époque où le jazz, en plein essor, était encore considéré comme " la musique du bas-ventre ". Dans une prose lumineuse et sensible, l'auteur reconstitue le mécanisme d'un engrenage et d'un procès. Révélateurs des tabous et des hypocrisies d'une époque.

  • Souffler n'est pas jouer

    Michel Boujut

    • Rivages
    • 18 Février 2000

    Eté 1934, après une tournée harassante, Louis Armstrong coule des jours tranquilles à Bougival avec sa smala, dans une villa mise à sa disposition par la pétulante Bricktop, reine des nuits de Pigalle.
    Le géant du jazz vient de couper les ponts avec son impresario mafieux qui ne l'entend pas de cette oreille et lance à ses trousses deux malfrats new-yorkais, Lepinski et Di Maggio. A peine débarqués au Havre, ceux-ci ne vont pas tarder à semer les cadavres derrière eux, au fil d'une grande vadrouille qui les mènera de Paris aux rives du Léman.
    C'est sur le rythme syncopé de la trompette d'Armstrong que nous entraîne ce récit picaresque dont les figurants s'appellent, entre autres, Joséphine Baker, Robert Desnos, Al Brown, Henry Miller, Howard Hugues, Hugues Panassié, et le jeune Boris Vian.

  • Qu'est-ce qu'il fait, le critique (et qu'est-ce qui le fait critiquer ?).
    A quoi peut-il bien servir, entre le marteau (des films) et l'enclume (du public) ? a faire voir et à faire entendre, prétendait bory. a prolonger, le plus possible dans l'intelligence et la sensibilité de ceux qui le lisent, le choc de l'oeuvre d'art, affirmait bazin. mais, s'il est lu, est-il sûr d'être entendu ? son activité ordinaire et sa raison sociale, c'est d'écrire dans un journal ou de causer dans le poste.
    Mais il lui prend aussi parfois l'envie de lever la plume et de fermer le micro. de prendre du recul. que voit-il alors dans le miroir ?
    Consignés dans son carnet à spirale, voici les impressions et les aphorismes d'un critique de son temps qui nous propose une promenade dans son " petit cinéma sentimental ".

  • « Déserter, c'est claquer la porte au nez de l'Histoire, l'envoyer paître dans les grandes largeurs. » Michel Boujut a grandi entre deux drames familiaux, insérés dans la tragédie collective des deux guerres mondiales. Le premier, celui de son grand-père Maurice, fauché à l'âge de 26 ans le 19 septembre 1914. Et le second, celui de son père Pierre, prisonnier dans un stalag pendant quatre ans et demi. Un père qui, longtemps, ne sera rien d'autre pour lui « qu'une photo qui jaunit dans son cadre ». A la troisième génération, Michel, jeune appelé qui doit partir pour l'Algérie, décide de rompre le cycle infernal du casse-pipe. Il a pris sa décision, il désertera. La raison de son adieu aux armes, c'est « le refus, radical, d'une sale guerre faite salement. » Alors, au lieu de rejoindre son unité, le 16e RIMA, le soldat Michel Boujut arrive à Paris le 13 mai 1961. Ayant acheté France-Soir, il tombe sur cette manchette : « Gary Cooper est mort ». C'est comme un signe, désormais la cinéphilie et la clandestinité seront inexorablement liées pour lui.
    En attendant de passer en Suisse, il se réfugie chez l'un des 121 signataires du manifeste contre la guerre d'Algérie. Là, un contact lui suggère de se cacher... dans les salles obscures. L'endroit le plus sûr à l'époque des cinémas permanents ! C'est ainsi que naîtra une vocation dont Michel Boujut fera son métier.

  • Un récit-enquête sur les traces d'un fanatique au temps
    de la guerre froide, Jean Kanapa (1921-1978). Ancien
    élève de Sartre, intellectuel du PCF suspicieux et austère,
    archétype du stalinien redoutable et redouté, son histoire
    se confond avec celle du parti pendant plus de trente ans :
    aveuglement, mensonge, négation de soi et repentir.Michel Boujut nous entraîne, cinquante ans après, dans
    l'autopsie sentimentale d'un cadavre encombrant. Il se
    passionne pour Kanapa, l'inquisiteur porté par une idée
    communiste aujourd'hui disparue, l'interroge à distance,
    lui demande des comptes. Faut-il sauver le soldat Kanapa oe
    Et comment a-t-on pu être stalinien oeAutour de cette sombre figure, le récit de Boujut emprunte
    des chemins de traverse et des souvenirs personnels pour
    se propulser du trop-plein idéologique d'hier au vide du
    sauve-qui-peut libéral actuel.Au fil du voyage se dessinent l'imaginaire et la culture
    communistes. Et, en contrepoint, ce que cette Histoire fait
    résonner en nous : rejet radical ou fascination trouble oe

  • L'actualité entraîne Gabriel du côté de Jarnac où le cercueil de Mitterrand vient d'être dérobé par un mystérieux commando.
    Affaire d'Etat qui met sans dessus dessous le monde politico-médiatique et provoque l'indignation générale. Avec l'aide d'un vieux libraire du coin et d'une jeune ouvreuse de cinéma, le Poulpe commence sa périlleuse enquête et découvre ça et là quelques secrets bien gardés...

  • Dans ces chroniques qui vont du cinéma, à la littérature, commentant aussi l'actualité, faisant souvent ressurgir les figures anonymes croisées dans l'enfance Charentaise sous l'occupation, Michel Boujut nous fait passer du local à l'universel tout en nous rappelant l'absolue vigilance qui se doit d'être la nôtre dans une époque qui parfois oublie son passé le moins glorieux.

  • Mais qu'ont donc de particulier ces boîtes à musique en forme de canard ? C'est ce cherchent à comprendre Oscar, preneur de son à Radio France, et sa compagne, Édith, présentatrice de la météo marine, après que la cantatrice qui en parlait à la radio est retrouvée morte, et, surtout, après que, le lendemain de ce meurtre, Édith est elle-même victime d'une agression. Le voleur cherchait le canard-boîte à musique. Mais Oscar parvient à empêcher le larcin, et ils découvrent alors que les canards, puisqu'il y en a plusieurs, contiennent chacun un bout de bande magnétique. La course aux boîtes à musique, pour reconstituer la totalité du message enregistré, est jalonnée d'énigmes, de surprises et de meurtres...

  • Des boîtes à musique en forme de canard ? Oscar commence à comprendre pourquoi un homme persiste à voler ces objets. Ils contiennent tous, dirait-on, un morceau de bande magnétique. Mais quel en est le message ? Tandis que son enquête progresse, il s'aperçoit que les canards ne sont pas les seuls volatiles recherchés. Un perroquet serait également impliqué. Ça se complique ! Cerise sur la gâteau : sa propre femme, Édith, pourrait être mêlée à l'affaire. Quel bazar !

  • Un strapontin pour deux

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    Des chroniques assassines pour les cinéastes qui voudraient nous faire prendre des navets pour des chefs-d'oeuvre, et des hommages pointus pour quelques films rares et trop vite oubliés.

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