L'harmattan

  • C'est à travers une analyse poussée de sa filmographie que cet ouvrage montre comment le réalisateur américain Jim Jarmusch éloigne le spectateur du monde, en parvenant à créer une distance qui lui permet de changer son regard. L'auteur met ici en avant les questions politiques sur le travail, la désindustrialisation ou encore l'anomie soulevées par ses films. Plus encore, c'est au-delà du détour esthétique que Jarmusch parvient à s'adresser au monde intime du spectateur, interrogeant sa solitude et sa difficulté à être soi.

  • Début 1990, la série télévisée de David Lynch, Twin Peaks, crée l'événement. L'idée que le créateur novateur et sulfureux d'Eraserhead (1977) et de Blue Velvet (1986) travaille pour l'industrie du petit écra, étonne. D. Lynch, pourtant, séduit : il révolutionne le concept et l'écriture de feuilleton de télévision. Une vingtaine d'années plus tard, en 2017, le réalisateur revient à Twin Peaks pour la troisième saison intitulée Le Retour. Entre-temps, il y aura eu TWin Peaks : Fire walk with me (1992), oeuvre de cinéma magistrale qui restera longtemps un film incompris et méprisé, maintenant unanimement réévalué. Par l'exploration de ses dimensions culturelles et esthétiques, Twin Peaks et ses mondes cartographie l'univers et le réseau édifiés pour signaler la cohérence de la vision qui les signe. L'auteur de cet ouvrage a grandi avec Twin Peaks, le destin de ses paysages et de ses personnages. L'essai écrit par Jean Foubert est aussi l'histoire intime d'un cheminement critique.

  • "Dans les années trente, un jeune entrepreneur autodidacte, Joseph Rytmann, ouvre dans ce XIVe arrondissement de Paris ses deux premiers cinémas : le Théâtre de Montrouge, au carrefour Alésia, et le Miramar, face à la gare de Montparnasse. Rytmann, l'aventure d'un exploitant de cinémas à Montparnasse retrace le destin exceptionnel d'un homme de cinéma qui assura dans ses salles l'exclusivité sur la Rive gauche des grands succès commerciaux durant les Trente Glorieuses. Avec ses documents historiques inédits et son reportage photo au coeur des salles de quartier, les auteurs nous offrent un passionnant voyage vintage et cinématographique dans un Montparnasse en perpétuelle mutation. - "

  • "Cette étude propose un retour rétrospectif sur l'ensemble de l'oeuvre de Miyazaki. Elle met en lumière les différentes figures de créateurs, aussi discrètes que récurrentes, qui traversent ses oeuvres et le discours esthétique dont elles sont porteuses. Sont ensuite analysées la méthode de création miyazakienne, ainsi que les stratégies narratives visant à transmuer, sans la nier, sa subjectivité en des univers fictionnels à la portée universelle."

  • "Ce livre se propose d analyser les influences étrangères qui se sont exercées sur le cinéma iranien, depuis ses débuts tardifs, à la veille du ""parlant"", jusqu au déclenchement de la révolution islamiste. Il distingue les influences des cinémas des pays voisins (arabo-turcs et indiens), puis s attarde sur celle du cinéma américain des années 50 et 60 et de la Nouvelle Vague française. L auteur montre comment un cinéma ""sous influences"" a pu servir de terreau à l éclosion d un cinéma ""national""."

  • "Se penchant sur l imaginaire du western classique américain, ce livre propose une lecture narrative et mythologique des films relatant la construction d un chemin de fer (Railroad Buildind Story). Ces films constituent un sous-genre du western à part entière. Celui-ci parcourt toute la grande époque du western classique sous le signe hautement patriotique qu est le chemin de fer. Sous ces récits se découvre une matrice narrative d une cohérence insoupçonnée, véritable mythe de la nation américaine tirant ses sources dans son histoire."

  • "Star du cinéma français des années 30, Annabella (1907-1996) connut une immense popularité. Charmante jeune première, elle illumina les écrans pendant les années de la Grande Dépression. Certains de ses films (""Napoléon"" d'Abel Gance, ""Le Million"" et ""Quatorze juillet"" de René Clair, ""Gardez le sourire"" de Paul Fejos, ""Hôtel du Nord"" de Marcel Carné) ont marqué l'histoire du cinéma. Cette biographie nous livre le portrait d'une femme généreuse et entière, moderne et libre, ainsi que la description nostalgique d'une époque révolue, du Paris des années folles au monde doré d'Hollywood."

  • Sur un continent totalement dominé par la production américaine de cartoons et en particulier des films de Walt Disney, des artistes français tentent un pari fou : créer en France des dessins animés. Le temps est-il venu qu'advienne un dessin animé français ? Est-ce enfin, depuis la fin de la Première Guerre mondiale, l'émergence d'une école française du dessin animé après vingt ans d'errements ?

  • L'oeuvre prolifique d'Alain Cavalier, témoigne d'une singularité dans le cinéma mondial et apporte un regard nouveau sur la manière de faire des films. Cet ouvrage s'interroge sur ce qu'il y a de commun entre les tournages dits "industriels" avec les grandes stars de l'époque telles que Romy Schneider, Jean-Louis Trintignant, Alain Delon ou encore Catherine Deneuve, et ceux réalisés par exemple il y a cinq ans, seul, sans équipe technique, en face à face avec les "Braves", Raymond Lévy ou Jean Widhoff.

  • Qu'est-ce qui rend si singulier le cinéma de Bruno Dumont ? Qu'il ait migré de la philosophie au cinéma, créant ainsi un trouble entre les « genres » et à propos de la réelle fonction du cinéma ? Ou bien est-ce le fait que ses films oscillent entre animalité et grâce ? En tout cas, la particularité de ce cinéaste tient à ce qu'il construit une oeuvre, perpétuant la tradition d'un cinéma d'auteur qui est aujourd'hui bien perdue. La conquête de la vérité sur la vie des hommes passe chez lui par une réappropriation de la langue. Les articles qui composent cet ouvrage ont été rédigés par des spécialistes de Bruno Dumont, qui ont en commun de penser que son cinéma nous rend meilleurs en nous donnant à sentir et penser.

  • "La lumière transcende son entité qui est de ""rendre les objets visibles"". Mais quelle est cette expérience artistique et quelle est cette lumière qui peut rendre visible l invisible, quand selon Karl Theodor Dreyer : ""Communiquer ses propres émotions est ensisageable par l abstraction car elle permet de transcender l objectivité"" ? Cet ouvrage analyse l esthétique de la lumière de quatre films d Europe du Nord regroupés autour des mêmes thématiques : Stalker, Europa, Trois couleurs bleu et l Homme sans passé."

  • Retraçant l'histoire de cette salle de quartier totalement atypique et devenue un lieu de visite touristique, analysant sa programmation et le comportement de son public très loin des clichés convenus, l'ouvrage est largement illustré par des images d'archives du Beverley. Une série de photos originales redonne vie au lieu, dévoile ses coulisses, et de nombreuses affiches de l'époque l'enrichissent en rappelant l'ambiance de celle qui fut la plus ancienne salle porno de France.

  • "L'attraction n'est-elle que le côté divertissant du cinéma ? Comment, dès lors, justifier sa présence manifeste dans les oeuvres des très grands cinéastes ? À commencer par trois films puissants de Kubrick : ""2001"", ""Orange mécanique"" et ""Barry Lyndon"" qui viennent respectivement, capter, capturer, captiver le spectateur pour le transporter jusqu'au seuil d'un ailleurs où il vibrera d'émotions. Cet essai veut forger théoriquement ces trois modalités de l'attraction et montrer comment elles nous permettent de mieux appréhender le phénomène de la fiction et la question de l'art au cinéma."

  • Comment faire peur dans le cinéma d'horreur ? L'émotion de la peur s'est retrouvée immédiatement dans les oeuvres d'art afin de nous permettre d'en ressentir les affects négatifs sans pour autant être réellement menacé. Avec le cinéma, le spectateur se met à l'épreuve en sécurité devant son écran. Comment le genre tente-t-il d'effrayer ? L'auteur dresse une liste des procédés thématiques et stylistiques déployés pour faire peur. Elle permet de réfléchir sur l'immersion du spectateur dans le film, le travail de l'angoisse lié à l'attente du danger et le travail de l'horreur lié à ce dernier.

  • "Dix textes inédits sur dix films d'Afrique : cette anthologie retrace la rencontre entre des auteurs et des films venus d'Afrique de l'Ouest, du Maghreb et de la diaspora africaine depuis les années 2000. Avec une diversité de styles et d'approches, nous suggérons que ces films et ces textes interrogent certaines questions traversant le cinéma à partir d'un renversement du regard : non plus en venant du cinéma mondial pour aller vers un cinéma présupposé africain, mais en réfléchissant au cinéma contemporain depuis l'Afrique « qui advient ». - - "

  • "Cette première biographie de Patricio Guzmán, riche et inédite, explore l'existence du documentariste chilien, actif depuis les années 1960. Son cinéma analyse l'histoire du Chili, ses tremblements et dé¬flagrations tout au long des dernières décennies. L'intensité de l'expérience de l'Unité Populaire (1970 - 1973) a marqué à jamais ses créations. Avant l'exil. Cuba, Espagne, France. Et le Chili, toujours au coeur des projets de Patricio Guzmán. C'est aussi l'histoire du monde, depuis le milieu du XXe siècle, qui se lit dans l'itinéraire de l'artiste."

  • ""La musique doit vous dire quelque chose que vous ne savez pas encore, qu on ne peut pas deviner en regardant uniquement les images."" Cette vision exprimée par le compositeur Carter Burwell se retrouve chez son homologue Bruno Coulais qui donne à la musique la mission de ""capter les choses invisibles du film"". Comme le résume le réalisateur-compositeur Tom Tykwer : ""Lorsque vous écrivez un script, vous étudiez la structure, alors que quand vous écrivez de la musique, c est beaucoup plus porté sur l émotion abstraite. ""

  • "Quelles sont les relations que le film noir américain des années 1940 entretient avec les codes de la tragédie ? Cet essai s'intéresse à une série de films construite autour de la convention narrative et des archétypes suivants : la chute programmée d'un antihéros dont la trajectoire est marquée par une relation adultère avec une femme fatale le menant au crime."

  • En 1968, avec des réalisateurs comme George Romero ou Stanley Kubrick, le cinéma intègre l'idée que l'humain peut et doit changer. Le « changement » est un prétexte pour faire réfléchir le spectateur sur la place qu'il occupe dans la société ou dans l'univers. Dans la continuité, Saul Bass, graphiste surdoué, sort en 1974, en collaboration avec Mayo Simon, son unique long métrage : Phase IV. Suite à un événement cosmique (solaire), des fourmis deviennent plus intelligentes, plus sociales (entre espèces) et font peser sur l'humanité la menace d'une extinction.

  • Depuis les premiers pas du cinéma jusqu'à nos jours, les Hommes ont toujours cherché à se faire peur. Monstres, virus mortel, invasions extraterrestres ou bien confinement, tous les moyens sont bons pour susciter la panique. Par l'entremise du Septième art, les craintes de l'un deviennent alors des peurs communes. Les 120 films chroniqués dans cet ouvrage permettent de mieux comprendre pourquoi la pensée du réalisateur est souvent précurseur de notre modernité. De La Peste à Florence à Minority Report, en passant par Shining et plus récemment Carnage, l'auteur nous invite à remonter le cours du Temps pour nous rendre compte de la portée prophétique des oeuvres traitées sur notre immédiateté.

  • "Ulysse, Europe, Orphée et Eurydice figurent parmi les personnages mythiques dont les aventures ont été illustrées de tout temps par la peinture, la céramique, la littérature et, depuis plus d'un siècle, le cinéma. Agnès Varda, Alain Resnais, Christophe Honoré et Jean-Jacques Annaud ont participé à la transmission et à la réécriture de ces mythes grecs, chacun à sa façon. Ainsi Ulysse (1982) permet à Agnès Varda de combiner un commentaire autobiographique sur une photographie prise en 1954 à une perspective féministe et politique sur son contexte, en écho aux travaux de Roland Barthes et Jacques Rancière sur la photographie et aux définitions du film d'essai à partir d'Adorno."

  • Voici analysées, au travers des cinémas francophones ouest-africains, de 1990 à2005, les mutations qui concernent, d'une part les modes de production et de distribution, d'autre part le passage du collectif à l'individu dans l'énonciation. Cette étude analyse, par le médium filmique, la représentation et l'expérience de trois figures d'altérité : le fou, l'homosexuel et la femme.

  • A travers une série d'études sur les films de F.W. Murnau, consacrées à divers aspects de l'oeuvre de ce grand cinéaste, on voit se manifester l'obsession d'une pureté qui ne peut donner lieu à des films que sous des formes qui la compromettent et la dénoncent - comme le givre, disait Cocteau. Peut-on donc filmer la pureté ? Murnau nous montre que tout peut être sujet à apparition, y compris la transparence.

empty