Hazan

  • Doisneau Nouv.

    Doisneau

    Brigitte Ollier

    Un roman-fleuve, plein de vitamines et riche en images (600 photographies), où flottent les doux souvenirs des jours heureux, mais également un roman-photo de toute une génération immortalisée sur papier et transformée, par la grâce de Robert Doisneau, en une mappemonde visuelle du genre humain.

    Longtemps classé dans la catégorie des reporters au petit bonheur la chance à cause de son inlassable curiosité, qui lui fit arpenter le pavé parisien avec la régularité d'un coucou suisse, Robert Doisneau (1912-1994) a lui-même mis de côté, presque effacé, comme par une excessive discrétion, toute une partie de son travail glané au hasard des rues, dans ces territoires ouvriers qu'il affectionnait au temps où la bagnole n'avait pas encore piqué la place aux piétons.

    C'est cette mémoire retrouvée que ce livre propose, nouvelle lecture d'une oeuvre rebondissante en ce qu'elle révèle, par son abondance même, l'originalité d'un homme au vocabulaire gouleyant et qui fut aussi bien l'ami des poètes que des ivrognes. À côté des images devenues classiques, comme le timide minois de Mademoiselle Anita, voici l'occasion de découvrir un Doisneau intrigué par tout ce qui bouge. Tout ce qui vit. Tout ce qui lui rappelle un peu de son enfance à Gentilly (Val-de-Marne) quand, avec le gros Marcel et Jean-François, le jeune Robert imaginait des rêves de famille.

    C'est un roman-fleuve, plein de vitamines et riche en images, où flottent les doux souvenirs des jours heureux. C'est aussi le roman-photo de toute une génération immortalisée sur papier et transformée, par la grâce de Robert Doisneau, en une mappemonde visuelle du genre humain.

  • Cet ouvrage de référence nous guide parmi plus de 440 photographies qui ont marqué l'histoire du médium, de ses débuts, au xixe siècle, jusqu'à aujourd'hui.
    Le principe est simple : chaque double page ouvre une discussion autour d'un artiste dans son temps et de plusieurs photographies décodées pour tenter de dévoiler l'impulsion mystérieuse à l'origine de la prise de vue. Ian Jeffrey nous offre une lecture vivante et sensible des images, ponctuée d'anecdotes éclairantes que le lecteur sera enthousiaste de découvrir et de partager à son tour.
    Les photographes présents dans cet ouvrage :
    William Henry Fox Talbot, David Octavius Hill et Robert Adamson, Gustave Le Gray, Roger Fenton, Julia Margaret Cameron, Peter Henry Emerson, Frederick H. Evans, Eugène Atget, Louis Vert, Paul Géniaux, Jacques Henri Lartigue, Wilhelm von Thoma, Alfred Stieglitz, Lewis Hine, August Sander, Doris Ulmann, Alexandre Rodtchenko, Arkadi Chaïkhet, Boris Ignatovitch, François Kollar, Margaret Bourke-White, Edward Weston, Paul Strand, Albert Renger-Patzsch, László Moholy-Nagy, Erich Salomon, André Kertész, Germaine Krull, Brassaï, Henri Cartier-Bresson, Manuel Álvarez Bravo, Josef Sudek, Bill Brandt, Lisette Model, Helen Levitt, Robert Capa, Dorothea Lange, Arthur Rothstein, Russell Lee, John Vachon, Jack Delano, Walker Evans, Ben Shahn, René-Jacques, Izis, Marcel Bovis, Robert Doisneau, Ansel Adams, Minor White, David Seymour, Louis Faurer, Robert Frank, Diane Arbus, Dorothy Bohm, Ed van der Elsken, Garry Winogrand, Lee Friedlander, Robert Adams, William Christenberry, William Eggleston, Shomei Tomatsu, Takuma Nakahira, Daido Moriyama, Lewis Baltz, Joel Meyerowitz, Stephen Shore, Anders Petersen, Joel Sternfeld, Candida Höfer, Barbara Kruger, Jeff Wall, Nan Goldin, Cindy Sherman, Axel Hütte, Thomas Struth, Andreas Gursky, Thomas Ruff, Jörg Sasse, Alec Soth, Rinko Kawauchi.

  • Depardon ; voyages

    Raymond Depardon

    • Hazan
    • 21 Octobre 2020

    Raymond Depardon réussit ce prodige d'être un photographe aussi à son aise sur quelques hectares - les photographies de la ferme de ses parents dans la vallée de la Saône sont désormais célèbres - que dans les grandes traversées de continents, qui sont au coeur de ce livre. C'est que son travail, quel qu'en soit le sujet, se fonde sur une réflexion, sur un effort de compréhension qui nous rend soudain proches, presque familiers, les paysages et les hommes qui les peuplent. Prostituées de Saïgon, hommes voilés du désert saharien, passants de New York, du Caire ou de La Paz, petites filles de Somalie ou d'Afghanistan, tous ces êtres humains sont saisis comme de l'intérieur, sans effets esthétisants, sans anecdote, sans complaisance.

  • Dès son invention, la photographie fascine. Ses adeptes sont toujours plus nombreux. Nous vivons aujourd'hui dans un monde saturé d'images. Prises autant par des artistes, des professionnels, que par des amateurs, elles nourrissent nos mémoires, sont exposées au musée, affichées dans la rue, publiées dans des livres et des journaux, elles circulent sur les écrans. La photographie a pour singularité d'être au croisement des techniques, des sciences, de l'art, de l'intime, du commerce, de l'information. D'apparence accessible, elle se révèle complexe, d'autant qu'elle se réinvente sans cesse, dans ses pratiques comme dans ses formes, pour répondre à des usages qui évoluent.Fort de son principe de clés historiques, techniques et esthétiques rigoureusement articulées, ce nouveau guide de la collection Hazan nous invite à mieux décrypter des images réalisées de 1838 à nos jours, le plus souvent par des auteurs de premier plan.Qui sont les photographes  ? Pourquoi photographient-ils  ? Comment abordent-ils un sujet  ? Comment les images sont-elles diffusées  ?En huit chapitres et plus de 240 photographies commentées, les auteurs proposent un tour d'horizon original, pratique et intelligent. 

  • Depardon Paris-journal

    Raymond Depardon

    • Hazan
    • 30 Octobre 2019

    « Paris journal » est un mot clé que j'ai inventé pour classer mes photographies que je fais sans sujet particulier. Ni photographies de travail, ni photographies familiales, elles sont faites pour le plaisir et au hasard de mes déplacements dans la capitale. « Je n'ai pas changé d'itinéraire pour faire une photographie de ce livre. Je me suis arrêté le temps de cadrer, d'attendre quelques secondes peut-être mais sans plus ! » [...] Les dernières années, l'arrivée de nouveaux appareils rapides avait contribué à désacraliser la photographie de rue. Il me fallait rassembler presque 30 ans de photographies prises à Paris, des photos faites au hasard de mes déplacements, de mes rencontres, sans histoire particulière, selon l'humeur du jour... On sait qu'il est toujours difficile de photographier près de chez soi. Il y a cette répétition qui annule constamment les autres photographies. Les jours de belles lumières, les jours où, sans le faire exprès, on sort son appareil pour faire seulement une photographie... la bonne ! Et puis les jours, les semaines où l'appareil reste au fond du sac. Parallèlement, j'ai relu mes notes, j'ai fait des choix, écrit des liaisons, repris des citations. J'ai joué le jeu des textes bruts venant de vieux carnets, sans les transformer ou les améliorer, et puis j'ai appelé l'éditeur et j'ai tout envoyé par coursier ».

  • Ce catalogue de l'exposition  Qui a peur des femmes photographes ? 1839 à 1945  au musée de l'Orangerie et au musée d'Orsay (2015) présente la contribution de ces femmes dans le développement et l'évolution de la photographie."Les femmes occupent une place de plus en plus éminente dans notre société, j'en suis conscient et heureux. Cette nouvelle exposition qui montre comment, aux XIXe et XXe siècles, les femmes s'emparèrent du médium photographique dans des stratégies d'affirmation artistique et professionnelle, conquérant des territoires jusque-là reservées aux hommes, n'est pas qu'une exposition sur l'histoire des modernité. Elle porte un regard contemporain sur l'histoire de notre temps. Elle fait doublement sens". Extrait de la préface du catalogue par Guy Cogeval, ancien Président des musées d'Orsay et de l'Orangerie.  S'appuyant sur des recherches nouvelles comme sur les nombreuses histoires de la photographie qui, depuis une quarantaine d'années, ont réévalué l'extraordinaire contribution des femmes au développement du medium qu'est la photographie, Le phénomène est en effet appréhendé à travers ses manifestations aussi bien en Europe - essentiellement en France, Grande-Bretagne et Allemagne - qu'aux États-Unis, de l'invention officielle de la photographie en 1839 jusqu'en 1945.

  • Catalogue officiel de l'exposition The New York School Show /Les photographes de l'Ecole de New York 1935-1965 au Pavillon populaire Espace Photographique de la ville de Montpellier du 7 octobre 2020 au 10 janvier 2021.

    Au début des années 1990, l'historienne américaine de la photographie Jane Livingston a tenté de rassembler, sous le terme d'"Ecole photographique de New York", un certain nombre des acteurs de la révolution photographique ayant agité les rues de la mégapole entre 1935 et 1965. Liberté expressive et formelle sans précédent, engagement social et parfois politique assumé, volonté de se lier aux formes picturales et poétiques nouvelles, connaissance approfondie de l'histoire de leur medium et, surtout, ambition d'un langage d'auteur : autant de traits communs assignables à cette génération, dont les fondements sont à trouver dans les oeuvres inaugurales de Walker Evans ou de Henri Cartier-Bresson. Cet ouvrage pousse plus avant la réflexion engagée par Jane Livingston, en réunissant un ensemble de vingt-deux photographes et en présentant leurs oeuvres les plus représentatives de cette "Ecole de New York", de Lisette Model et Sid Grossman à Ted Croner ou Helen Levitt, en passant par Diane Arbus, Robert Frank, Saul Leiter, William Klein, Bruce Dadvison, et bien d'autres, souvent méconnus... Avec, pour dénominateur commun, leur fascination pour la vitalité débordante générée par "la Grosse Pomme", cette ville à la géogrgraphie mythique qui, selon la légende, "ne dort jamais".

  • Catalogue officiel de l'exposition Girault de Prangey au musée d'Orsay du 3 novembre 2020 au 7 février 2021.

    Depuis une vingtaine d'années, le Langrois Joseph-Philibert Girault de Prangey (1804-1892) s'est imposé parmi les figures majeures des débuts de la photographie française, à la faveur de quelques expositions et publications. Peintre et dessinateur, archéologue et historien de l'architecture, savant amateur de plantes et d'oiseaux rares, il est en effet un pionnier du daguerréotype, technique qu'il maîtrise parfaitement dès 1841, et au moyen de laquelle il aura livré une oeuvre d'une qualité et d'une ampleur presque incomparables.

    Comptant non moins de 1000 plaques à ce jour, le corpus a majoritairement été réalisé entre 1842 et 1844, lors d'un tour du bassin méditerranéen de l'Italie à l'Egypte en passant par la Grèce, la Turquie, la Syrie, le Liban, Jérusalem et la Palestine. Prenant le relais des méthodes manuelles de relevés qu'il avait employées lors de précédents voyages, la photographie de Girault de Prangey s'inscrit alors avant tout dans un cadre d'études archéologiques. Elle nourrit une documentation iconographique conçue comme la base des nombreuses illustrations qui paraissent bientôt dans de luxueuses publications, centrées sur l'architecture islamique et ses relations avec l'architecture antique et médiévale. Beaucoup de vues ainsi produites comptent parmi les premières photographies connues de sites aujourd'hui détruits, détériorés ou menacés.

  • C'est une histoire de la photographie éminemment personnelle que nous propose Denis Roche (1937-2015) photographe, écrivain  et poète. Cent photographies, cent   textes, qui composent un parcours, de Nicéphore Niepce à Bernard Plossu, en passant par les plus grands artistes mais aussi par quelques inconnus, dénichés dans des boîtes en carton ou des albums de famille. Ici, rien n'est dû au hasard, chaque image ayant été choisie avec lenteur et discernement, chaque texte, dans la vie de l'artiste, dans le moment photographique. On apprend beaucoup à la lecture de ces textes et, plus que tout, on apprend à regarder la photographie.  «  Je voulais faire le tour de ma table, aller ouvrir ma bibliothèque vitrée, sortir un appareil photo, n'importe lequel, dévisser l'objectif qui serait dessus et plonger mon regard dans le creux du boîtier à la recherche de ce trouble et de cette douceur que la mélancolie de cet art y mise depuis le début.  »  Paru en 1999 aux éditions Hazan, Le Boîtier de mélancolie est devenu un livre mythique, un ouvrage unique, dans lequel Denis Roche écrivain rejoint Denis Roche photographe.  Cet ouvrage a reçu le prix André Malraux décerné à une création artistique représentant le thème de l'engagement.

  • L'homme photographique

    Michel Frizot

    • Hazan
    • 23 Mai 2018

    Ce recueil de textes sur des questions relevant de l'histoire de la photographie, écrits entre 1990 et 2010 vise à mettre à la disposition d'un plus large public des analyses et études qui ont été publiées dans des revues spécialisées ou des catalogues restés confidentiels. Leur regroupement est motivé par la certitude d'une cohérence, d'une ligne générale qui sous-tend ces textes et constitue une théorie générale du « régime photographique » de la production à la réception des images qui a construit un imaginaire propre à la photographie, aujourd'hui omniprésent dans la manière d'aborder le monde à travers ses représentations, d'établir des jugements et de partager des croyances.
    L'ouvrage est développé en trois temps, qui reprennent chacun un point de vue constitutif de l'imaginaire photographique : le dispositif, l'opérateur, regards et regardeurs. Ce qui détermine en effet la nature d'une photographie, c'est d'abord le dispositif qui l'a engendrée, à la fois en ce qu'il est générique (photographique) et singulier (avec des paramètres physiques particuliers). C'est ensuite l'intervention nécessaire d'un opérateur (le photographe), une mise en oeuvre humaine reformulée à chaque prise de vue, s'appuyant sur les capacités du dispositif (ou les ignorant), interagissant avec le sujet photographié et concrétisant des intentions. C'est « le » regardeur, in fine, qui fait de la photographie non pas ce qu'elle est, mais ce qu'elle peut être ou devenir, qui lui donne sens, en connaissance des données initiales - ou non. Et ce regardeur est souvent « multiple» et hétérogène.
    Cet ouvrage envisage par conséquent toutes les circonstances photographiques, pour reconnaître ici à « la photographie » sa place de médium de communication dont l'invention a introduit des particularités imaginaires très spécifiques et inédites, constamment révisées au gré de l'évolution des techniques et des modes de diffusion.
     

  • Des temps de l'invention à nos jours, cet essai propose en douze chapitres une vision personnelle des grandes étapes qui ont conduit la photographie à s'imposer comme le modèle de l'image moderne. Privilégiant le ton d'une expérience de vie au sein des collections, de l'enseignement et de la recherche, l'auteur revendique la subjectivité d'une approche où les photographies produites dans les contextes les plus variés ne cessent d'interroger notre rapport à la réalité. En historien d'art qui a vu la photographie devenir depuis les années 1980 une part de l'art contemporain tout en maintenant son rang de média populaire au coeur des réseaux sociaux, Michel Poivert propose de repérer les grands changements de valeurs que nous attribuons à la photographie (fiction ou réalité, vérité ou mensonge, intime ou publique, etc.).
    Dans son analyse tout à la fois thématique et chronologique, Michel Poivert, après s'être intéressé à la question des origines, et aux démarches exploratoires des premiers cercles d'amateurs, interroge la photographie du visage et les codes de la célébrité. Il montre les relations entre la personnalité d'un Nadar, qui concentre l'image sur la psychologie de son modèle, et celle du médecin Duchenne de Boulogne, qui cherche à établir une grammaire des expressions du visage en utilisant des modèles anonymes. Les sciences sont présentées comme un laboratoire de formes en interaction avec l'enseignement des beaux-arts. Mais dès le XIXe siècle, la photographie est aussi défendue au nom d'une véritable morale consacrant les seules valeurs de la prise de vue, du négatif et de la fidélité : une « pureté » qui condamne les pratiques hétérodoxes de la mise en scène et des manipulations des épreuves au moment du tirage.
    Pourtant, au tournant des XIXe et XXe siècles, les pictorialistes comme Robert Demachy en France déjouent cette morale et renient les valeurs du progrès de la technique en utilisant le flou et les effets plastiques.
    Rouvrant le dossier de l'avant-garde, cet ouvrage s'inscrit dès lors dans une dynamique qui privilégie les tensions autour du statut de la photographie. Avec Alfred Stieglitz et Paul Strand, le document et l'art ne cessent de se répondre pour fonder les principes d'une image capable de se mesurer aux contradictions du monde moderne. En ce sens, le surréalisme est au coeur d'une approche anti-disciplinaire de la photographie où les figures d'André Breton ou Salvador Dalí commencent à détourner les photographies des magazines et journaux : le monde des images s'ouvre comme un territoire de jeu où règne l'esprit critique. La question des médias est alors posée frontalement à partir du photojournalisme. L'auteur insiste sur le rôle de reporters tel Gilles Caron, pour montrer le passage entre l'image de l'événement et la tentation subjective de l'auteur et interroge les valeurs humanistes de la profession.
    Enfin, Michel Poivert conclut son essai en définissant la photographie contemporaine comme le moment où art et photographie semblent lier leur destin. La richesse de propositions artistiques aussi différentes que celles des partisans de la mise en scène, comme Jeff Wall, ou des tenants du genre documentaire comme Allan Sekula, l'esthétisation de l'image de presse ou bien encore le retour en grâce de l'image expérimentale contredit ceux qui, à l'aube du numérique, prédisaient l'obsolescence de la photographie.

  • Les photographies de Cindy Sherman ne sont pas des autoportraits. Bien qu'elle soit le modèle de ses propres personnages, là n'est pas l'essentiel. Sa démarche suppose qu'elle travaille seule et assume de multiples rôles : photographe, modèle, coiffeuse, maquilleuse, costumière, styliste.À l'aide de tout un arsenal de déguisements, de fards, de perruques et de prothèses, Sherman transforme à volonté son aspect et son environnement, créant une multitude de compositions et de personnages étranges, comme ceux du clown ou de la vedette de cinéma, ou d'autres tirés de l'histoire, de l'art ou des contes de fées. À travers ses travestissements, elle a crée une oeuvre étonnante qui dérange, amuse et choque, où le questionnement de l'identité croise celui, contemporain, du corps et de l'image. Cette rétrospective comprend ses oeuvres les plus récentes, dont certaines inédites.Cindy Sherman est une des figures les plus importantes de l'art contemporain, au-delà du seul domaine de la photographie qui est à priori le sien  : elle a construit sa réputation internationale sur le travail conjoint, extraordinaire, qu'elle mène sur l'image et son corps depuis trente ans. Se prenant exclusivement pour modèle, elle s'est photographiée sous les aspects et les traits de personnages les plus différents, tout à tour comiques ou dérangeants, déplaisants ou émouvants. Pour élaborer ses photographies, Cindy Sherman assume les multiples rôles d'auteur, de metteur en scène, de maquilleuse de plateau, de coiffeuse et de costumier. Accompagnant une rétrospective majeure de l'artiste au MoMA, cette publication traite thématiquement des différents modes d'explorations de Sherman  : artifice et fiction, mise en scène et théâtralité, culture pop, horreur, mythes, contes de fées et grotesque  ; le sexe, le corps et les notions de genre et d'identité de classe. Parmi les oeuvres et séries, analysées ici, dont les célèbres Untitled Film Stills (1977-1980), Centerfolds (1981), History Portraits (1989-1990), deux séries récentes sont reproduites pou al première fois dans un ouvrage, dans la perspective de l'examen des derniers développements de l'oeuvre. L'artiste s'explique sur ces différentes voies à travers une interview extrêmement précise et fouillée avec le cinéaste atypique John Waters.

  • Gustav Klimt est sans aucun doute la figure de proue de la Sécession Viennoise (1897), à l'origine d'un nouveau style figuratif et ornemental à l'intérieur de la mouvance internationale de l'Art nouveau. Klimt, à toutes occasions, s'est distingué comme l'un des meilleurs dessinateurs de son temps.
    Il réalisait souvent jusqu'à 150 croquis ou esquisses pour un seul tableau, chacun représentant un détail particulier, un pan de vêtement, un bijou, une attitude. La plupart ont été réalisés au crayon Conté et au crayon noir mais certains sur papier transparent, parfois en feuille ! avec des rehauts de bronze argenté et d'or (frise du palais Stoclet, Bruxelles). Les dessins de nus, de temps à autre, sont directement enrichis de couleur : ce sont eux avec leurs contours anguleux et leur aspect visionnaire ou envoûtant de la femme qui, tout en inspirant Schiele, ont établi la renommée de Klimt comme dessinateur. Mais ses illustrations et ses affiches pour la Sécession et la Revue Ver Sacrum ont contribué à imposer le nouveau style décoratif au plan graphique et au plan ornemental. Le présent ouvrage s'efforce de rapprocher toutes ces études préparatoires des peintures ou gravures définitives tout en définissant la nature de son graphisme.

  • Depuis plus de vingt ans Raymond Depardon a parcouru tout le continent africain auquel il a consacré plusieurs films. Il a réalisé ainsi une grande quantité de photographies dont 350 inédites sont présentées dans cet ouvrage.

    Remise en vente de cet ouvrage à l'occasion de l'exposition au Grand Palais « Raymond Depardon, tendre couleur » du 14/11/2013 au 15/02/2014.
    Une somme sur l'Afrique : bilan d'une fréquentation de plus de 20 ans du continent par la photographie et le film.
    Un regard d'une force exceptionnelle pace que jamais prémédité.

  • Catalogue officiel de l'exposition Jean-Philippe Charbonnier. Photographe de la famille des hommes au pavillon populaire de Montpellier du 5 février au 19 avril 2020.
    Jean-Philippe Charbonnier est le grand oublié de la photographie humaniste française. Une rétrospective composée d'environ deux cents oeuvres lui est consacrée au Pavillon Populaire de Montpellier. C'est la première à lui rendre hommage, depuis l'unique exposition organisée par le musée d'Art moderne de la Ville de Paris en 1983, et réalisée à l'époque avec Charbonnier lui-même.
    L'étude du fonds d'atelier conservé chez Gamma-Rapho-Keystone a permis de découvrir toute l'étendue du travail protéiforme de Charbonnier. L'exposition et le catalogue qui en rend compte s'articulent autour de quelques grands reportages réalisés en exclusivité pour la revue Réalités. Parmi eux, certains des plus fameux - comme celui sur les hôpitaux psychiatriques - pourront être exposés dans leur totalité, alors que les images les plus dérangeantes n'avaient pas été publiées à l'époque. D'autres seront exposés pour la première fois, et notamment avec des photographies couleur, inédites. Certaines planches contacts révèlent aussi les choix, les recadrages, mais aussi, par leurs légendes détaillées dactylographiées au revers, l'analyse fine et parfois teintée d'humour de l'artiste sur des sujets qu'il traite en profondeur. Photographe tout terrain aussi à l'aise chez les mineurs du nord de la France que dans les coulisses des défilés de Christian Dior, Charbonnier réalisa également d'incroyables photographies de mode, largement méconnues, révélant, entre autres, son talent de metteur en scène.
    Enfin et surtout, l'ouvrage montre quel insatiable globe-trotteur fut Charbonnier, qui s'est rendu dans les endroits les plus isolés comme dans les plus grandes villes du monde : de l'Alaska à l'île de Sein, de New York à Kyoto, du désert du Sahara aux supermarchés américains, son regard rencontre celui des gens qu'il photographie, même au milieu d'une foule. C'est là la principale caractéristique qui le distingue d'un Cartier-Bresson par exemple : ses photographies ne sont pas prises « à la sauvette », à l'insu des acteurs d'un « instant fugitif », mais bien en pleine conscience commune de la présence du photographe, et d'une certaine volonté, partagée, de témoigner d'un moment, d'une cause, d'une culture différente.

  • 1960  : le Sud des États-Unis est le théâtre de la conquête des droits civiques des Noirs américains. La lutte pour abolir la ségrégation raciale a revêtu une importance décisive dans ces états, et est rythmée par des événements fondateurs, souvent dramatiques.
    L'admission de James Meredith à l'université du Mississippi, les rassemblements du Ku Klux Klan en Caroline du Nord, la Marche sur Washington pour l'emploi et la liberté, les marches de Selma à Montgomery (Alabama), la grève des éboueurs de Memphis lors desquelles Martin Luther King fut assassiné, ainsi que ses funérailles, marquent le combat des Noirs américains pour leurs droits.
    Cette décennie de lutte a été documentée par de nombreux photographes, célèbres, amateurs, ou encore photojournalistes. Ce catalogue réunit des clichés, pour certains inédits, qui sont tout autant de témoins d'une période tumultueuse. Ces photographies dépeignent le quotidien d'une population opprimée dans un Sud qui refuse de lui accorder sa juste place, et ont favorisé la prise de conscience nécessaire à l'élaboration des lois antiségrégationnistes de 1967.
    Le catalogue officiel de l'exposition du Pavillon Populaire de Montpellier offre une véritable réflexion concernant de l'influence du média photographique sur l'opinion publique, les luttes sociales et les transformations profondes de la société qui en découlent.

  • Fin 1934, deux jeunes chercheuses, Thérèse Rivière (1901-1970) et Germaine Tillion (1907-2008), se voient confier par le musée d'ethnographie du Trocadéro - devenu peu après le musée de l'Homme - une mission d'étude qui les conduit pour plusieurs années dans l'Aurès. Situé dans l'Est algérien, à la lisière du Sahara, ce massif montagneux abrite alors quelque 60 000 Chaouia, population berbère qui conserve son ancienne économie agropastorale.
    Armées d'un Leica et d'un Rolleiflex, les deux femmes y prennent plusieurs milliers de photographies qui poursuivent et renouvellent une tradition déjà longue de la représentation aurésienne. S'y ajoute un film tourné par Thérèse Rivière en 1936. Disparus avec la déportation de Germaine Tillion, en 1942, et le long enfermement hospitalier subi par Thérèse Rivière à partir de 1948, ces documents ont été redécouverts au début des années 2000.
    Cet ouvrage présente une sélection de 120 photographies dévoilant le rapport particulier établi par chacune des observatrices avec leur sujet : l'une - Thérèse Rivière -, plutôt "ethnographe" de terrain et très empathique dans son approche des Aurésiens ; la seconde - Germaine Tillion -, davantage "ethnologue" et plus portée à la distanciation théorique. Ces images nous donnent à voir une société aujourd'hui disparue, ses rapports à la présence coloniale, et la tension singulière avec laquelle elle se livre au regard des deux ethnographes.
    Elles révèlent aussi le ressort affectif et visuel inconscient qui souvent semble détourner les observatrices d'un protocole purement documentaire. Sans oublier l'intention première de ces images, Christian Phéline, dans son texte, les situe dans un moment précis de la pratique ethnographique et les replace dans une histoire tant esthétique que sociale du médium photographique.

  • William Gedney (1932-1989) est sans doute le photographe le plus mystérieux de la génération américaine parvenue à maturité entre les années 1960 et 1980. Nul doute que son absence volontaire d'autopromotion et sa discrétion expliquent cette situation, mais également l'incompréhension tenace dont a fait preuve à son égard le directeur du département de la Photographie du MoMA, à cette époque le très influent John Szarkowski. Gedney n'eut droit, de son vivant, qu'à quelques rares expositions dans ce musée prestigieux, et jamais seul...
    Autodidacte, persuadé que la photographie constituait un moyen d'expression aussi efficace que la littérature (il accompagne d'ailleurs son oeuvre de multiples écrits, journaux, critiques, aphorismes, etc.), Gedney est un magnifique photographe de rue, aussi bien porté vers les sujets ruraux  son travail sur le Kentucky, à la fin des années 1950 est exemplaire  qu'urbains : New York, où il vit le plus souvent, lui offre un champ d'action unique, comme à beaucoup de photographes de sa génération. Tenté par la photographie de nuit (bien avant Robert Adams), attaché à la sensualité diffuse qu'il trouve dans ses sujets adolescents, Gedney se construit un style à mille lieux de tout effet spectaculaire  souvent marqué par son rapport intime au monde , et que dirige de plus en plus son homosexualité cachée, qui ne se révèlera qu'à sa mort : il fut l'une des premières victimes du sida. Ses reportages sur les parades gays dans les années 1980 constituent, avec sa documentation sur les mouvements hippies de San Francisco à la fin des années 1960, la partie la plus riche de son oeuvre. Ses archives complètes ont été déposées à l'université de Duke (Caroline du Nord) par Lee et Maria Friedlander, ses plus proches amis. Ce catalogue, qui accompagne la toute première rétrospective jamais consacrée à William Gedney, révèle la beauté indéniable d'une oeuvre jusqu'ici très secrète. 

  • Catalogue officiel de l'exposition Andy  Summers,  une certaine étrangeté (Photographies, 1979-2018) du 6 février au 14 avril 2019, au Pavillon Populaire de Montpellier.    Pour la grand public, Andy Summers est le génial guitariste et compositeur du groupe mythique The Police, un des plus connus au monde. Summers a  cependant construit, en parallèle à son activité musicale, une oeuvre photographique unique. Celle-ci constitue, selon ses dires, la contrepartie  mentale et visuelle de sa musique, marquée par une recherche mélodique complexe, des harmonies aux couleurs plutôt mélancoliques, voire convulsives. Selon ses dires, l'acte photographique qui est le sien, essentiellement autobiographique, ressemble à l'arrachement des pages  d'un journal intime, reconfigurées en une nouvelle syntaxe visuelle. Celle-ci se caractérise, pour Andy Summers, par un goût prononcé pour le surréalisme et pour ce que Sigmund Freud nommait  « l'inquiétante étrangeté ». Plusieurs livres photographiques lui ont déjà été consacrés.
      Conçue par Gilles Mora, en étroite collaboration avec l'artiste, cette exposition constitue la première rétrospective modiale du photographe / musicien Andy Summers. Forte de plus de 250 tirages, dont beaucoup totalement inédits, elle inclut la série « Inside The Police », regard lucide et décapant de Summers sur son épopée délirante au sein du groupe-phare des années 1980.
         

  • Robert doisneau

    Brigitte Ollier

    • Hazan
    • 18 Octobre 2017

    Longtemps classé dans la catégorie des reporters au petit bonheur la chance à cause de son inlassable curiosité, qui lui fit arpenter le pavé parisien avec la régularité d'un coucou suisse, Robert Doisneau (1912-1994) a lui-même mis de côté, presque effacé, comme par une excessive discrétion, toute une partie de son travail glané au hasard des rues, dans ces territoires ouvriers qu'il affectionnait au temps où la bagnole n'avait pas encore piqué la place aux piétons.
    C'est cette mémoire retrouvée que ce livre propose, nouvelle lecture d'une oeuvre rebondissante en ce qu'elle révèle, par son abondance même, l'originalité d'un homme au vocabulaire gouleyant et qui fut aussi bien l'ami des poètes que des ivrognes. A côté des images devenues classiques, comme le timide minois de Mademoiselle Anita, voici l'occasion de découvrir un Doisneau intrigué par tout ce qui bouge.
    Tout ce qui vit. Tout ce qui lui rappelle un peu de son enfance à Gentilly (Val-de-Marne) quand, avec le gros Marcel et Jean-François, le jeune Robert imaginait des rêves de famille. C'est un roman-fleuve, plein de vitamines et riche en images, où flottent les doux souvenirs des jours heureux. C'est aussi le roman-photo de toute une génération immortalisée sur papier et transformée, par la grâce de Robert Doisneau, en une mappemonde visuelle du genre humain.

  • Atget-paris

    Beaumont-Maillet L.

    • Hazan
    • 1 Mars 1998

    Baudelaire demandait aux photographes de fournir les « archives de notre mémoire ». Atget s'est engagé dans cette voie. Ce comédien ambulant, ce peintre raté, cet original solitaire est l'auteur d'une oeuvre d'une force et d'une originalité telles, que l'image de Paris que chacun de nous porte avec lui s'en trouve nécessairement imprégnée. Atget commence à photographier en 1890, pour des peintres, mais très vite il s'attaque à son grand oeuvre: la description de Paris, à laquelle jusqu'à sa mort en 1927, il consacre plus de 3 000 clichés. Rues et façades, balcons, grilles, escaliers, cours, heurtoirs, mais aussi voitures, petits métiers, intérieurs bourgeois ou prolétaires, vitrines, composent un tableau étrange et fascinant. Pourtant, lorsque ses voisins de la rue Campagne-Première -Man Ray, Berenice Abbott, De Chirico- l'auront « découvert », toujours il se défendra d'être un artiste : « Ce ne sont que des documents, des documents que je fais. » Après une biographie d'Atget par Laure Beaumont-Maillet, conservateur en chef du département des Estampes de la Bibliothèque nationale, près de l OOO documents sont reproduits, choisis parmi les collections de la Bibliothèque nationale, du musée Carnavalet, de la Caisse des Monuments historiques, de l'Institut français d'Architecture. Ils sont présentés par quartiers de manière à recomposer la recherche et l'itinéraire d'Eugène Atget.

  • Raymond Depardon réussit ce prodige d'être un photographe aussi à son aise sur quelques hectares - les photographies de la ferme de ses parents dans la vallée de la Saône sont désormais célèbres - que dans les grandes traversées de continents, qui sont au coeur de ce livre. C'est que son travail, quel qu'en soit le sujet, se fonde sur une réflexion, sur un effort de compréhension qui nous rend soudain proches, presque familiers, les paysages et les hommes qui les peuplent. Prostituées de Saïgon, hommes voilés du désert saharien, passants de New York, du Caire ou de La Paz, petites filles de Somalie ou d'Afghanistan, tous ces êtres humains sont saisis comme de l'intérieur, sans effets esthétisants, sans anecdote, sans complaisance.Photographe et cinéaste, voyageur et écrivain, ce sont toutes les facettes d'un exceptionnel artiste que révèlent les images et les textes de ce livre.

  • Les collections de la BNF, plus de 4 500 images acquises entre 1900 et 1925 auprès de l'artiste lui-même (et complétées par les dons de grands collectionneurs), permettent de présenter un choix des images les plus importantes d'Atget dans les meilleurs tirages conservés. L'ouvrage restitue, pour un public averti ou non, « Atget tel qu'en lui-même » : la richesse et la beauté de l'oeuvre permettent aux néophytes de comprendre l'importance de ce photographe majeur, trait d'union capital entre les XIXe et XXe siècles, et aux initiés de se replonger dans la beauté originelle de l'oeuvre.

  • En 1934, quand Henri Cartier-Bresson s'embarque vers le Mexique, c'est pour participer à une mission chargée de reconnaître le tracé de la route panaméricaine tout en menant un travail d'ethnographie. À peine arrivé, l'expédition se défait, faute d'argent, et Cartier-Bresson vit pendant plus d'un an une série d'aventures, d'abord à Mexico, à la Candelaria de Los Patos, le quartier le plus dangereux, celui des brigands et des prostituées, puis à Juchitan, petite ville à l'entrée du Chiapas, de temps à autre assiégée par des bandes de guérilleros. Ce sont ces lieux misérables et magnifiques, ces enfants, ces boutiques, ces pierres, ces cimetières, ces femmes qui sont le sujet de ces photographies. Elles ont été prises par un jeune homme de vingt-sept ans - avec son Leica acheté à Marseille deux ans auparavant - mais tout ce qui fera plus tard sa gloire est déjà là. On a dit que ces photographies appartiennent à sa période surréaliste. « En fait, la photographie surréaliste, je ne sais pas ce que c'est : pour moi le surréalisme, c'est avant tout la littérature. Mais pour la conception de l'existence, si le surréalisme c'est l'amour, la liberté, l'imagination, le pouvoir de l'inconscient, la révolte permanente, alors je n'ai jamais cessé d'être surréaliste. » Le Mexique tout entier est une immense blessure, un mur tatoué de mitraille, un nopal lardé de coups de couteau, un autel ruisselant de larmes dorées. Carlos Fuentes.

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