L'harmattan

  • "La ""photographie africaine"" (1989-2015) ne constitue ni un genre, ni un mouvement artistique. L adjectif ""africaine"" désigne en fait un cadre géographique, seul rescapé de la suspicion généralisée envers toute tentative définitionnelle. Les acteurs de cette photographie abordent souvent leur sujet sous un angle politique. S il n y a pas de spécificité formelle de la photographie africaine, il y a un cas photographique africain : on s interroge souvent sur ce que cette photographie est censée être."

  • Née en 1953, Ishikawa Mao a photographié son île natale d'Okinawa, un territoire à l'histoire complexe. Royaume indépendant annexé de force par le Japon en 1879, il devient, à la suite de la défaite japonaise de la Seconde Guerre Mondiale, une colonie militaire sous juridiction américaine. Parcourant Okinawa, elle y a rencontré ses habitants, les soldats américains, noirs pour la plupart, ainsi que les femmes gravitant dans ce milieu désordonné et brutal. Témoignage unique du Okinawa des années 1970, son oeuvre se situe aux croisements de l'art, de l'ethnographie et du journal intime visuel. Sa photographie, proprement sociale, est mise en relief par une vision propre, sensorielle et intime. Au fil d'une carrière prolifique et ngagée, Ishikawa Mao questionne son rapport au Japon continental et à la présence américaine, au genre et à la sexualité, à la condition autochtone, noire et féminine. Son regard sincère et brut, sans fioriture aucune, dévoile un pan de l'histoire japonaise inédit, qui marque profondément par sa rudesse. L'attrait esthétique de sa photographie et les questionnements identitaires qu'elle soulève font de cette oeuvre un motif important pour la question artistique.

  • "À partir de la fin du XIXe siècle, les réformateurs, tout en mettant l enfant pauvre au coeur de leurs préoccupations, font usage de la photographie dans une optique de progrès social. Parmi les images les plus ""iconiques"" : des photographiques de Jacon Riis (journaliste humaniste et explorateur des bas-fonds new-yorkais à la fin du XIXe siècle), de Lewis Hine (sociologue engagé dans la lutte contre le travail des enfants au début du XXe siècle) et des photographes de la Farm Security Administration, D. Lange, W. Evans, B. Shahn, etc. (employés par l administration Roosevelt dans les années 1930 pour documenter les ravages de la crise dans le monde agricole). La représentation de l enfant, où textes et images se révèlent indissociables, participe ainsi de la naissance d un genre nouveau, le documentaire social dont l impact va se révéler déterminant dans la perception et la construction de l Amérique moderne."

  • Durant sa carrière de photographe puis de journaliste de télévision, Jacques Revon a pu successivement vivre et suivre l'évolution de la photographie et, au fil de ses rencontres, photographier des photographes. Dans cet ouvrage, il retrace l'histoire de la photographie à travers son parcours personnel et professionnel, et nous fait partager ses portraits de photographes. (nombreuses illustrations couleurs).

  • Ce livre propose une réflexion autant sur l'art que sur la photographie. Son auteur, à la fois photographe et théoricien, ne cesse de se poser les questions fondamentales qui traversent la création photographique : qu'est-ce qu'un sujet ? Quelle est son importance dans la poïétique photographique ? Quel rapport existe-t-il entre l'auteur et son sujet ? Le sujet photographique est considéré, dans cet ouvrage, comme un point d'ancrage où se nouent à la fois une quête iconographique, médiumnologique et identitaire.

  • Attiré par le cinéma dans une Afrique au sortir de l'hégémonie coloniale, les films de Djibril Diop Mambety, trop rares, marqueront les cinémas d'Afrique mais aussi le cinéma mondial. Il lègue à ses camarades de scène des exemples d'audace créatrice inégalés, aux cinéastes du continent la force d'images refusant toute prescription. Ce livre rend compte des moments les plus significatifs de cet artiste décrié mais incontournable dans l'histoire du cinéma en Afrique.

  • Et si le "zombie" d'aujourd'hui avait plus à exprimer qu'une peur existentielle ? S'il n'était pas seulement un être avide de chair, poussé par un instinct de conservation ? S'il était autre chose qu'une figure de la lutte des classes ? Les morts-vivants de Romero ont été récupérés par l'industrie du cinéma hollywoodien, qui leur a enlevé leur capacité radicale de contestation politique. Plus largement, c'est une philosophie de la mort-vivantitude qui s'ouvrira au lecteur.

  • L'image photographique induit un tiraillement esthétique, une résistance théorique, une tension dans la représentation dont l'expérience est ici visitée. C'est à partir des points de rencontre, d'achoppement, et d'instabilité repérés dans cette image si spécifique, que la question de la représentation est abordée. La procédure employée s'apparente à un transplant de la photographie au sein de champs diversement guidés par l'esthétique, l'ontologie, la poésie, la mythologie, la psychologie..., afin d'en constater l'acclimatation et/ou le rejet.

  • Voici une approche du regard sensible, poétique et plastique que porte Raymond Depardon sur le monde. Elle conjugue immobilité - sous l'influence de la pratique photographique - et mouvement - du cinéma voyagé. Ces contributions s'articulent sur quatre thématiques : - le retour aux sources (monde d'hier), - la société d'enfermement (le monde social), - la tentation du désert (le monde ouvert), - les villes traversées (le monde intérieur et le monde extérieur).

  • Cinéastes, plasticiennes, photographes, théoriciennes et activistes culturelles, Maria Klonaris et Katerina Thomadaki construisent une oeuvre riche. Avec leur Cinéma corporel, elles repensent la projection et "décloisonnent" le cinéma. Avec leurs performances et installations multimédia, elles initient de nouvelles approches artistiques. Avec leur réflexion axée sur l'intersexualité, elles préfigurent les évolutions plus récentes des gender politics. Leur esthétique se nourrit d'un inconscient transculturel et instaure le corps comme lieu de complexité, d'étrangeté et de liberté.

  • "Autour de l artiste-théoricien argentin Alejandro Erbetta, 16 chercheurs, principalement d Amérique Latine mais aussi de France, ont voulu montrer avec des exemples précis d oeuvres et des hypothèses orginales, pourquoi et comment des concepts, thèses et théories, élaborés par François Soulages dans son livre Esthétique de la photographie (paru en 1998) et dans bien d autres depuis, nourissaient la pensée et la pratique de la photographie aujourd hui."

  • "La spécificité de la photographie trouve sa source dans l'extériorité. Elle se révèle maladroite, voire impuissante, à exprimer la singularité d'une personne, à révéler l'atmosphère d'une ville ou à dépasser les apparences d'un objet. Cet échec corrélatif du médium pourrait être sa chance, car que deviendrait l'objet si la photographie était un moyen de s'en saisir et de s'emparer de lui ? Comment penser ce qui est photographié si la photographie le ramenait au même, c'est-à-dire à soi et à l'identique ? Qu'adviendrait-il enfin de l'extérieur si ce n'était qu'un prétexte à la réalisation d'une photographie de soi-même ? Si la photographie peut combler un désir de connaissance, ou s'affranchir de la distance qui sépare le photographe du monde, l'extériorité fait surgir l'infranchissable et l'insaisissable au coeur de la photographie. Elle introduit un paradoxe dans la relation du médium au dehors, mêlant l'impossible au possible. À partir d'artistes contemporains (d'Agata, Engström, Pataut, Bazin, Guibert) et de ses propres travaux, l'auteur part à la recherche d'une possible extériorité et d'une nouvelle esthétique de la photographie."

  • "Victor Hugo, qui fut probablement l'écrivain le plus photographié de son temps, ne parvint jamais à convaincre son éditeur Jules Hetzel de publier ses éditions de Châtiments ou du Rhin avec sa photographie en frontispice. La correspondance prouve que ce visionnaire avait, à rebours des professionnels de l'édition, non seulement compris l'importance du fait photographique dès le début de la seconde moitié du XIXe siècle, mais aussi, saisi ses futures applications dans de nombreux domaines, celui des illustrations d'ouvrages littéraires ou touristiques. Vaincu par leur scepticisme frileux, Victor Hugo continuera néanmoins de se prêter de bonne grâce aux sollicitations nombreuses des plus grands photographes de son temps."

  • A-t-on déjà vu le temps ? Jamais ; ni de visu, ni en photographie. Et pourtant, bien des photographes évoquent le temps. Alors quelle serait la manière spécifique qu aurait la photographie de travailler le temps ? Cet ouvrage étudie pourquoi et comment les photographies explorent le temps, mieux, les temps - à la fois le passé, le présent et l avenir. Il prend appui que l oeuvre de l artiste contemporain Bernard Koest, car, plus qu une autre, son oeuvre oblige à repenser les rapports complexes entre temps & photographie.

  • "Un collectif de 26 photographes amateurs basé en Bourgogne, au sein d un atelier associatif à Daix en Côte d Or (auquel se joignent d autres passionnés de photographie domiciliés à Paris, en région lyonnaise, en Irlande et en Australie), décide dès le 16 mars 2020 de témoigner ensemble et quotidiennement des conséquences qui vont se faire jour dans notre vie, dont un confinement à l échelle du pays. Ainsi pendant près de six mois, 1600 photographies ont été prises. Parmis elles 390 images ont été retenues pour concevoir un livre et raconter ainsi aux générations qui nous suivront un chapitre de notre vie durant l année 2020."

  • "Quelle est la spécificité de la photographie contemporaine dans un contexte de mutations photographiques au sein de l'art contemporain ? Du simple enregistrement du réel à l'expérience artistique, comment a-t-elle pu évoluer depuis les années 1980 ? Dans sa relation complexe à l'image, comment réussit-elle à asseoir son statut d'oeuvre d'art ?Cet ouvrage aborde la question des dispositifs de conception et de présentation à travers les pratiques des photographes, en lien notamment aux écrits et recherches du magazine Café-Crème."

  • "Frontières imaginaires est une étude sur la « frontière culturelle », à partir des arts, de la photographie et de la mémoire vivante, concept plus large que celui de frontière politique, entre l'Andalousie ibérique et le Maroc. La première partie traite de la formation et de l'invention du style hispano-mauresque, dans lesquelles le maréchal Lyautey a joué un rôle dominant par son contrôle du discours colonial marocain. La deuxième aborde grâce à la documentation journalistique et photographique les événements de Fès, la ville « andalouse », d'avril 1912. Dans la troisième, l'auteur analyse la fonction croisée des images photographiques, depuis les origines de la photographie jusqu'à aujourd'hui, entre les deux rives de la Méditerranée, à travers l'étude de certaines archives inédites. - - "

  • Dans cet ouvrage, l'auteur montre comment la photographie déconstruit les genres et les modèles à travers un questionnement sur les représentations photographiques. Les nouvelles subjectivités, la mise en scène, mais aussi l'approche radicale de la photographie du corps ouvrent à de nouvelles expériences conceptuelles et virtuelles témoignant des perceptions fragmentaires photographiques en mutation. En puisant principalement dans le corpus d'images provenant des expositions réalisées sur les thématiques des mutations photographiques au sein de Café-Crème édition et du Mois européen de la photographie, ces réflexions se poursuivent en tenant compte du passage de l'argentique au numérique, du tableau à l'écran, de la photographie à la post-photographie.

  • "Par-delà les images puissantes des reportages et enquêtes de Karim Baïla, que l on a vues sur TF1, Canal + et surtout France 2 (Envoyé Spécial), Luc Missoum interroge la signature journalistique de ce grand reporter de guerre qui a sillonné les régions les plus périlleuses du monde. Il nous entraîne dans un voyage au bout de l immersion en Irak, en Afghanistan, en Algérie, soulevant en cours de route les questions de l information partielle, trop vite digérée, que posent les médias d aujourd hui."

  • "La pratique photographique met aux prises avec le désir du sujet de voir ses apparences se transformer à travers elle, c est-à-dire à travers le mouvement de la lumière qu elle révèle. Le concept de photogénie peut s appréhender selon la problématique suivante : d abord, qu est-ce que la photogénie comme engendrement du visible par le jeu de la lumière ? Comment sa modalité photographique en vient-elle à influencer d autres formes d expression artistique ? Comment se noue-t-elle à l action de l homme sur son propre corps et, par là, aux multiples recherches de son unicité identitaire ?"

empty